Interview de M. Nicolas Antille

15.09.2011 |

Extrait de l'interview de M. Nicolas Antille, Directeur de la société Sierre-Energie SA

Votre canton étant un grand producteur d'électricité, comment voyez-vous le futur, en terme de production d'énergie, pour le canton du Valais, en général, et pour Sierre en particulier ?

N.A. Le canton du Valais produit enviroon 10'000 GWh pour une consommation de 3'000 GHh.

Au niveau de la production, 20% sont en mains valaisannes. Lors du retour de concession, la loi actuelle prévoit le retour gratuit de la partie mouillée aux communes concédantes, ce qui conduira à une répartition dissymétrique des richesses. Afin de résoudre cette problématique, le canton a confié à un groupe d'experts le mandat de proposer une stratégie "Forces hydrauliques".

Le Valais va renforcer sa position comme acteur dans le domaine du pompage/turbinage et du réglage de la puissance du réseau européen. Cette évolution est liée au développement des nouvelles énergies renouvelables dont la production est intermittente et ne va pas aller sans poser des problèmes de stabilité de réseau. Le Valais ne pourra jouer ce rôle que si la population accepte certaines nuisances, en particulier le renforcement du réseau de transport très haute tension.

Plus localement, Sierre-Energie développe, en collaboration avec les communes, des projets de minihydrauliques sur réseau d'eau potable. A ce jour, deux centrales produisant annuellement plus de 800'000kWh ont vu le jour. Enfin, la décision de renoncer à moyen terme au nucléaire pourrait conduire au développement d'installations photovoltaïques dans la région la plus ensoleillée de Suisse: ce n'est pas pour rien que le drapeau de la ville de Sierre a pour emblème un soleil !

Le métier d'électricien de réseau est-il attractif pour vos jeunes et que faut-il faire pour le rendre encore plus attrayant ? Selon vous, quel rôle la CIFER pourrait-elle jouer ?

N.A. D'une manière générale, les professions manuelles manquent d'attractivités auprès des jeunes. De plus, il y a une certaine méconnaissance du métier d'électricien de réseau. Il y a donc un effort de communication à intensifier de la part de l'ensemble de nos entreprises en collaboration avec la CIFER. La réalisation d'un stand moderne au salon des métiers à Martigny pourrait permettre de présenter la profession de manière plus attractive. C'est une priorité et la CIFER pourrait en être le concepteur. D'ailleurs, des discussions sont en cours en Romandie et elles devraient déboucher sur la réalisation d'un nouveau stand pour 2012.

La pérennité des formations de base et continues des électriciens de réesau dépend de l'engagement éducatif de tous (comme la mise à disposition des formateurs), la CIFER et ses partenaires. Comment pourrait-on renforcer ce partenariat et cet engagement ?

N.A. Pour avoir des collaborateurs bien formés, il faut disposer de formateurs compétents et c'est à nos entreprises de faire un effort afin de mettre à disposition les ressources nécessaires. La structure de la branche ne facilite pas la délégation des personnes. Il faut donc inciter chaque entreprise à jouer le jeu, ce que fait d'ailleurs Sierre-Energie en déléguant un expert aux examens pendant deux semaines.